De quoi réveiller les vieilles passions anglaises sur l’un des souverains les plus controversés de l’Histoire et plonger les britanniques en plein mystère archéologique.
C’est que l’on a, au final, peu de faits avérés sur la mort de roi Richard III. La seule certitude étant qu’il est mort au combat dans la bataille de Bosworth Field, près de Leicester. Quant à son corps, si la tradition dit qu’il a été transporté dans une chapelle franciscaine, rasée au XVIème siècle; la rumeur vivace dit, quant à elle, qu’il aurait été jeté dans la rivière Soar… Autant dire que les spéculations vont bon train depuis lors.
Mais, voilà que fin août, une équipe d’archéologues de l’université de Leicester, forte de recherches poussées sur l’emplacement de la chapelle détruite, entame des fouilles, pour retrouver la dépouille royale, sous le parking du centre-ville. Et c’est début septembre qu’un squelette pouvant correspondre à celui du roi Richard III est découvert sur le site.
Plusieurs détails troublants permettent, en effet, aux chercheurs de penser qu’il pourrait s’agir là des restes du roi. Tout d’abord, la dépouille exhumée présente une importante déformation de la colonne vertébrale, ce qui correspond aux descriptions que nous connaissons du monarque et qui le décrivent comme bossu. Par ailleurs, des traces évidentes de mort violente apparaissent également : une pointe de flèche en fer est encore fichée entre les vertèbres, sur le haut du dos et le crâne porte, sur l’arrière, la trace d’un coup d’une lame. Ce qui évoque la mort du roi Richard III sur le champ de bataille, d’autant que l’on ne connait qu’une description de la fin du roi : celle d’un poème qui le dit mort d’un coup de hache dans la tête.
De quoi faire, de ce squelette, un « sérieux candidat », selon les dire de Richard Buckley, codirecteur du département archéologique, mais n’apporte pas de certitudes. Des certitudes qui devraient venir, avec l’analyse comparée de des ADNs du squelette et de Michael Ibsen, un humble menuisier de Londres qui vient de découvrir sa descendance avec Anne d’York, soeur de roi Richard III.
Il n’en fallait pas plus aux tabloïds anglais pour s’emparer de l’affaire, sur fond de polémique pour la réhabilitation de la mémoire du monarque. C’est, en effet, que la société des amis de Richard III et ses 3500 adhérents y ont vu l’opportunité de rétablir la vérité historique selon eux. Une version de l’histoire qui s’oppose farouchement à la « propagande des Tudors » qu’aurait servie la pièce de Shakespeare, qui présente le roi Richard III comme un roi tyrannique et sans scrupule.